Vous vous êtes déjà demandé pourquoi l’on a créé le porte-jarretelles ? Vous pensez qu’il a toujours été un accessoire ultra sexy ? Détrompez-vous. Au début, c’était juste une solution à un problème très, très agaçant. Découvrez l’histoire du porte-jarretelles, de son origine à sa place fil des siècles et aujourd’hui.
Tout a commencé par un corset très serré
On est à la fin du XIXᵉ siècle. Les femmes portent des corsets qui serrent la taille. Et pour couvrir leurs jambes, elles ont des bas. Le souci ? Ces bas n’arrêtent pas de glisser. La solution de l’époque, la jarretière, coupait la circulation.
C’est comme ça que l’histoire du porte-jarretelles. C’est en 1876 qu’il est inventé par Féréol Dedieu, corsetier français, pour des raisons médicales.
Au départ, c’est super simple : des petites bandes attachées au corset qui descendent. Les femmes trouvent ça révolutionnaire (à juste titre).
Le but ? Empêcher les bas de tomber. Rien de glamour. Juste de la pure mécanique vestimentaire. C’était un accessoire fonctionnel, caché sous les vêtements.
1900-1920 : Entre corset et modernité
Passons rapidement sur ces décennies. Le porte-jarretelles évolue. On voit apparaître :
- Des ceintures spécialisées (plus que le corset complet).
- Des guêpières avec des jarretelles intégrées.
- Du raffinement progressif : dentelle, ruban, couleurs.
Mais franchement ? C’est encore très fonctionnel. Les femmes le portent, point. C’est invisible sous les robes longues. Personne n’en parle. Puis arrivent les années 1920…
Les années 20 : Le glamour débarque
Les années 20 débarquent. Là, tout change. C’est la révolution ! Les jupes raccourcissent (mode flapper), on danse le charleston, les jambes se dévoilent pour la première fois.
Forcément, les bas deviennent un accessoire de mode essentiel. Et pour les faire tenir ? Le porte-jarretelles devient le meilleur ami des femmes. Elles comprennent vite l’intérêt : plus de liberté de mouvement, moins de contrainte que le vieux corset serré.
Les marques l’ont aussi bien compris. Fini le simple élastique blanc. On voit apparaître des porte-jarretelles avec :
- De la dentelle délicate.
- De la soie, des couleurs.
- Des formes plus travaillées.
Le porte-jarretelles reste pratique, mais il devient aussi un signe d’élégance et de féminité. C’est un accessoire, osons le dire, un petit élément de coquetterie.
La vraie révolution des années 1920 : ce n’est pas le porte-jarretelles qui change. C’est le regard qu’on porte sur lui. Soudain visible, il devient remarquable.
1940-1955 : L’âge d’or du porte-jarretelles
À partir de 1930, la lingerie devient vraiment de la lingerie. Plus juste du linge. Les publicités montrent des femmes élégantes, presque provocantes. Le porte-jarretelles n’est plus invisible.
Mais l’âge d’or arrive réellement dans les années 40 et 50, porté par la culture pin-up (Betty Grable, etc.). Le porte-jarretelles devient une icône visuelle. Après 1947, le « New Look » de Dior relance d’ailleurs les silhouettes gainées.
Pourquoi ce succès ? Parce qu’il fait quelque chose de magique : il allonge la jambe, il crée une ligne. Il s’associe parfaitement aux bas couture, ces bas luxueux avec une couture noire courant à l’arrière de la jambe.
Regardez les affiches de l’époque. Marilyn Monroe. Elles portent des porte-jarretelles. C’est devenu LE symbole de féminité glamour. C’est aussi un symbole de respectabilité, les femmes mariées en portaient, et c’était normal.
Petite parenthèse importante :
Les bas couture avec jarretelles n’étaient pas bon marché. Avoir du vrai porte-jarretelles + des bas de qualité ? C’était un signe de statut social. Vous compreniez que cette femme avait les moyens. Le porte-jarretelles de cette époque, c’est une arme à double tranchant :
- Accessoire du quotidien pour beaucoup.
- Objet de désir fantasmé pour beaucoup aussi.
Il n’y a rien de contradictoire là-dedans. C’était juste comme ça.
1960-1980 : La révolution du collant
Et puis, le drame. Un concurrent redoutable arrive : le collant. Inventé en 1959 par Allen Gant Sr, popularisé vers 1965.
C’est banal, hein ? Pourtant, c’est une révolution. Le collant c’est un produit deux-en-un qui est :
- Rapide à enfiler.
- Pas de jarretelles à ajuster.
- Parfait avec les mini-jupes (la révolution des années 1960).
- Pratique pour une vie active, professionnelle.
En parallèle, le féminisme monte en puissance. Pour certaines, le porte-jarretelles est le symbole d’une contrainte. Le collant, lui, symbolise la modernité, l’efficacité, la liberté. Résultat : le porte-jarretelles est mis au placard (même s’il persiste en lingerie). Il ne survit que dans la séduction très ciblée et les cercles fétichistes.
Entre 1970-1980, il reste dans trois univers :
- La lingerie érotique (secteur qui grandit).
- Les communautés fétichistes (underground, mais existantes).
- Les nostalgiques du style rétro.
1980-2000 : Le retour en force du porte-jarretelles
Les années 1980 voient l’explosion de la lingerie comme industrie de mode. Des marques comme Aubade, La Perla, Agent Provocateur réinventent le secteur. Le porte-jarretelles ? Il revient. Mais différemment. Il n’est plus dans les magazines de mode classique. Il est dans :
- Les clips musicaux provocants.
- Les shootings de mode artistiques.
- Les défilés de lingerie qui deviennent des spectacles.
Et là, quelque chose d’intéressant se produit. Le porte-jarretelles se charge d’une nouvelle signification. Ce n’est plus « j’en ai besoin ». C’est « je le choisis ». Contrairement aux années 1950 où il était attendu, le porte-jarretelles des années 1990 est transgressif. C’est pour ça qu’il fascine.
Aujourd’hui : le porte-jarretelles en 2026 et plus
Honnêtement ? Personne, ou presque, ne le porte pour des raisons pratiques. Il est porté pour :
- Le burlesque (mouvement rétro/féministe qui se réapproprie l’image).
- La lingerie fine (comme objet d’art et de séduction).
- Les sous-cultures (goth, fetish, etc.).
- Les shootings photo/mode (pour son esthétique).
- Simplement pour dire : « J’aime cette époque, ce style, cette image de moi ».
Et voici le truc fascinant : le porte-jarretelles d’aujourd’hui c’est un peu comme un tatouage ou un piercing. C’est un choix. Un geste de liberté. Pas une obligation.
Pour le mettre avec style, découvrez : comment porter un porte-jarretelle ?
Les variantes du porte-jarretelles
- La ceinture porte-jarretelles : fine, épurée, juste pour les attaches.
- La guêpière : plus longue, gaine la taille et le bas du ventre, plus élaborée.
- Le bustier avec jarretelles : encore plus complet, quasi-soutien-gorge intégré.
- Le porte-jarretelles « décoratif » : avec des bas autofixants, purement esthétique.
Pourquoi cette variété ? Parce qu’aujourd’hui c’est de la mode. Pas de nécessité. Et en mode, plus il y a de choix, mieux c’est.
A lire : comment choisir un porte-jarretelle ?
Ce qu’il faut vraiment comprendre
Le porte-jarretelles n’a pas changé physiquement. Pas beaucoup, en tout cas. Ce qui a changé ? Notre regard dessus.
- 1880 : « C’est pratique. »
- 1920 : « C’est une révolution. »
- 1960 : « C’est dépassé. »
- 2000 : « C’est sexy. »
- 2026 : « C’est… tout ça à la fois, selon qui le porte et pourquoi. »
La petite FAQ du porte-jarretelles
Quelle différence entre une guêpière et un porte-jarretelles ?
Facile ! Le porte-jarretelles est une simple ceinture avec des attaches. La guêpière, elle, est plus longue : elle gaine la taille, parfois même le buste, et les jarretelles y sont intégrées.
Pourquoi les femmes en portent encore ?
Pour le fun ! Pour se sentir bien, pour un rendez-vous amoureux, pour surprendre, ou juste pour le plaisir de posséder un bel objet. C’est un acte 100% volontaire.
A lire : Pourquoi le porte-jarretelle revient-il en force ?
Féministe ou pas, alors ?
La vraie question, c’est : le portez-vous par choix ou par contrainte ? Aujourd’hui, c’est toujours un choix. Et choisir librement ce qu’on porte, c’est l’essence même du pouvoir personnel.